Pilier 3a : montant maximal et économie d’impôt
Les versements au pilier 3a réduisent le revenu imposable. Saisissez le montant et votre taux marginal pour voir l’économie.
Le pilier 3a est la prévoyance individuelle liée en Suisse. Les versements sont déductibles du revenu imposable, pour l’impôt fédéral direct comme pour les impôts cantonaux et communaux. En 2026, le montant maximal est de CHF 7’258 pour les personnes actives affiliées à une caisse de pension. Sans caisse de pension, il est de 20 % du revenu net de l’activité lucrative, au plus CHF 36’288. L’économie d’impôt correspond au versement multiplié par le taux marginal. Pour une personne célibataire qui gagne CHF 100’000 bruts, le montant maximal réduit l’impôt d’environ CHF 2’290 à Genève et d’environ CHF 1’852 en ville de Zurich. L’avoir est exonéré d’impôt sur la fortune jusqu’au retrait, et ses rendements ne sont pas imposés. Au retrait, possible dès 60 ans, le capital est imposé séparément du reste du revenu, à un taux réduit. Depuis 2026, les lacunes nées à partir de 2025 peuvent être rachetées.
Économie d’impôt avec le pilier 3a
Économie d’impôt dans l’année
CHF 1’815
| Montant déductible | CHF 7’258 |
| Montant maximal 2026 | CHF 7’258 |
| Coût après impôt | CHF 5’444 |
Économie d’impôt avec le montant maximal, par canton
| Salaire brut | Zurich | Berne | Genève | Vaud | Bâle-Ville | Zoug |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CHF 60’000 | CHF 1’149 | CHF 1’598 | CHF 1’696 | CHF 2’419 | CHF 1’660 | CHF 544 |
| CHF 80’000 | CHF 1’401 | CHF 1’623 | CHF 1’865 | CHF 1’798 | CHF 1’708 | CHF 668 |
| CHF 100’000 | CHF 1’852 | CHF 2’109 | CHF 2’290 | CHF 2’276 | CHF 2’036 | CHF 975 |
| CHF 150’000 | CHF 2’212 | CHF 2’530 | CHF 2’536 | CHF 2’691 | CHF 2’209 | CHF 1’510 |
Le tableau vaut pour une personne célibataire, sans enfant et sans confession, domiciliée au chef-lieu du canton, qui verse CHF 7’258. Il s’agit d’une estimation fondée sur les barèmes 2026 : elle compare l’impôt avec et sans la déduction. Dans un couple marié, chacun peut déduire le montant maximal, pour autant que les deux exercent une activité lucrative.
Qui peut verser
Toute personne qui réalise en Suisse un revenu d’activité soumis à l’AVS : salariés, indépendants et bénéficiaires d’indemnités de chômage. Une personne sans activité lucrative ne peut pas cotiser, pas même sur le revenu de son conjoint. Les frontaliers peuvent ouvrir un compte, mais ne font valoir la déduction que s’ils sont taxés selon la procédure ordinaire en Suisse. Après l’âge de référence, les versements restent possibles cinq ans au plus, tant que l’activité lucrative se poursuit.
La grande déduction sans caisse de pension
Les indépendants sans deuxième pilier et les salariés dont le salaire est inférieur au seuil d’entrée de la prévoyance professionnelle peuvent verser 20 % de leur revenu net d’activité, au plus CHF 36’288. Le revenu déterminant s’entend après déduction des cotisations AVS. Avec CHF 90’000, cela donne CHF 18’000 ; le plafond n’est atteint qu’à partir de CHF 181’440. Celui qui s’affilie volontairement à une caisse de pension retombe sur le petit montant de CHF 7’258.
Le rachat rétroactif depuis 2026
Il est désormais possible de combler des lacunes de cotisation. Le rachat est admis pour les années à partir de 2025 durant lesquelles le montant entier n’a pas été versé, sur dix ans en arrière. La cotisation ordinaire de l’année en cours doit d’abord être versée en totalité ; un rachat supplémentaire est ensuite possible à hauteur du petit montant maximal. Le rachat est déductible comme la cotisation ordinaire. L’institution de prévoyance exige une demande écrite indiquant les années lacunaires.
Ce que deviennent les versements
| Années | Versé | Avoir à 1 % par an | Avoir à 3 % par an |
|---|---|---|---|
| 10 | CHF 72’580 | CHF 76’694 | CHF 85’701 |
| 20 | CHF 145’160 | CHF 161’412 | CHF 200’876 |
| 30 | CHF 217’740 | CHF 254’993 | CHF 355’661 |
| 40 | CHF 290’320 | CHF 358’365 | CHF 563’680 |
Le calcul suppose un versement de CHF 7’258 au début de chaque année. Un taux de 1 % correspond à peu près à un compte de prévoyance ; 3 % est une hypothèse de long terme pour une solution en titres comportant des actions, dont la valeur fluctue et n’est pas garantie. Le montant maximal est en général adapté tous les deux ans à l’évolution des salaires et des prix.
Imposition au retrait
Au retrait, le capital est imposé une seule fois, séparément des autres revenus. La Confédération prélève un cinquième du barème ordinaire ; les cantons appliquent leurs propres taux, le plus souvent progressifs. Comme la progression augmente avec le montant, il vaut la peine d’ouvrir plusieurs comptes et de les retirer sur plusieurs années fiscales. Un compte ne peut être retiré qu’en entier. Les retraits de la caisse de pension effectués la même année sont additionnés dans la plupart des cantons, ceux du conjoint aussi pour les couples mariés.
Compte ou titres
Les banques proposent des comptes de prévoyance rémunérés et des solutions en titres, les assurances des polices avec couverture de risque. Le compte est sûr, mais son taux est bas. Les titres promettent davantage sur de longues périodes ; ils demandent un horizon de dix ans au moins et la capacité de supporter les fluctuations. Les polices d’assurance vous lient à des primes fixes, et une sortie anticipée coûte en général une partie de l’avoir. Les frais varient beaucoup et pèsent pendant des décennies.
Pilier 3a ou rachat dans la caisse de pension
Les deux voies réduisent l’impôt. Le pilier 3a est plus souple : vous choisissez le prestataire et le placement, et l’avoir vous appartient dans tous les cas. Le rachat dans la caisse de pension permet en général des montants bien plus élevés, mais il dépend du règlement et de la situation financière de la caisse, et un retrait en capital est fiscalement bloqué durant les trois ans qui suivent. En pratique, on épuise d’abord le pilier 3a.