Mis à jour le

Cotisations sociales en Suisse 2026 : AVS/AI/APG, AC, AANP et LPP

Ce qui part du salaire brut vers les assurances sociales avant même que les impôts n’entrent en jeu, avec tous les taux et plafonds de l’année.

Vue d’ensemble : les quatre retenues de la fiche de salaire

AssuranceEmployéEmployeurBase de calcul
AVS / AI / APG5,3 %5,3 %salaire brut total
AC1,1 %1,1 %jusqu’à 148'200 CHF/an
AANP (accidents non professionnels)env. 1–2 %— (AP à charge de l’employeur)jusqu’à 148'200 CHF/an
LPP (caisse de pension)3,5–9 %au moins autantsalaire coordonné
IJM (indemnités journalières maladie)0–1 %variablefacultatif, selon contrat

AVS/AI/APG : 10,6 % partagés en deux

Le premier pilier est la cotisation la plus solidaire de Suisse : 4,35 % AVS, 0,7 % AI et 0,25 % APG se prélèvent du premier au dernier franc, sans plafond. Qui gagne 300’000 CHF paie 5,3 % sur la totalité, mais touchera plus tard la même rente maximale qu’avec 90’000 CHF. Tous les actifs cotisent dès le 1er janvier suivant leur 17e anniversaire ; les personnes sans activité paient une cotisation minimale.

AC : 2,2 % jusqu’au gain maximal assuré

L’assurance-chômage coûte 1,1 % à l’employé et autant à l’employeur sur le salaire jusqu’à 148'200 CHF par an (12'350 CHF par mois). Le pour cent de solidarité sur les hauts salaires, introduit en 2011, a été supprimé en 2023 une fois l’AC désendettée. En contrepartie, les indemnités journalières sont aussi plafonnées à ce gain maximal.

AANP : l’assurance-accidents pour les loisirs

Qui travaille au moins 8 heures par semaine chez le même employeur est obligatoirement assuré contre les accidents non professionnels : chute à ski, à vélo, accident domestique. L’employeur peut mettre la prime à la charge de l’employé ; elle varie de 0,7 à 2,5 % selon la branche et l’assureur (moyenne environ 1,2 %). Les accidents professionnels (AP) sont assurés aux frais de l’employeur. Les deux sont plafonnés à 148'200 CHF.

LPP : le deuxième pilier

La caisse de pension n’assure pas tout le salaire mais le salaire coordonné, afin d’éviter qu’une part du revenu soit assurée deux fois (AVS et LPP) :

Seuil2026
Seuil d’entrée (salaire annuel minimal)22'680 CHF
Déduction de coordination26'460 CHF
Limite supérieure90'720 CHF
Salaire coordonné maximal64'260 CHF
Salaire coordonné minimal3'780 CHF

Exemple : pour 80’000 CHF de brut, le salaire coordonné vaut 80’000 − 26'460 = 53'540 CHF. À 40 ans (bonification 10 %), cela représente CHF 5’354 par an, dont vous supportez la moitié : CHF 2’677. Au-delà de la limite supérieure, le salaire n’est pas assuré dans le régime obligatoire ; beaucoup de caisses l’assurent volontairement (surobligatoire), ce qui augmente votre retenue.

Exemples 2026 : cotisations selon le salaire brut (40 ans)

BrutAVS/AI/APGACAANP 1,2 %LPP (50 %)TotalNet avant impôts
CHF 60’000CHF 3’180CHF 660CHF 720CHF 1’677CHF 6’237CHF 53’763
CHF 80’000CHF 4’240CHF 880CHF 960CHF 2’677CHF 8’757CHF 71’243
CHF 100’000CHF 5’300CHF 1’100CHF 1’200CHF 3’213CHF 10’813CHF 89’187
CHF 150’000CHF 7’950CHF 1’630CHF 1’778CHF 3’213CHF 14’572CHF 135’428
CHF 200’000CHF 10’600CHF 1’630CHF 1’778CHF 3’213CHF 17’222CHF 182’778

Dès 148'200 CHF, l’AC et l’AANP n’augmentent plus, et la cotisation LPP obligatoire est constante dès 90'720 CHF. Le taux de cotisation baisse donc sur les hauts salaires, jusqu’à ce que la progression fiscale le fasse remonter.

Les cas particuliers qui modifient vos retenues

Temps partiel et employeurs multiples

L’AVS, l’AC et l’AANP sont prélevées sur chaque salaire, quel que soit le taux d’occupation : aucun désavantage de ce côté. Pour la LPP, c’est différent. Le seuil d’entrée de 22 680 CHF s’apprécie par rapport de travail. Avec deux emplois à 18’000 CHF chacun, vous n’êtes assuré à titre obligatoire chez aucun des deux, alors que le revenu total dépasse largement le seuil. Et celui qui franchit le seuil est pénalisé par la déduction de coordination pleine, qui absorbe presque tout le salaire d’un poste à 50 pour cent. Beaucoup de caisses la réduisent proportionnellement au taux d’occupation, sans y être tenues. Une assurance volontaire est possible auprès de l’institution supplétive LPP.

Activité après l’âge de référence

Qui travaille au-delà de 65 ans continue de cotiser à l’AVS/AI/APG, mais uniquement sur la part du salaire qui dépasse une franchise de 1’400 CHF par mois, soit 16’800 CHF par an et par employeur. Depuis la réforme AVS 21, il est possible de renoncer à cette franchise afin d’améliorer encore sa rente. L’AC disparaît en revanche entièrement à partir de l’âge de référence, ce qui est cohérent puisque le droit aux indemnités de chômage s’éteint.

Personnes sans activité lucrative et indépendants

Une personne sans activité lucrative cotise malgré tout à l’AVS, entre la cotisation minimale et la cotisation maximale, selon la fortune et les revenus sous forme de rente. Les lacunes de cotisation se traduisent plus tard par une réduction de rente d’environ 2,3 pour cent par année manquante : il vaut donc la peine de demander un extrait de son compte individuel à la caisse de compensation. Les indépendants relèvent d’un taux AVS dégressif et ne sont pas soumis à l’AC : en contrepartie, ils n’ont droit à aucune indemnité de chômage.

Indemnités journalières maladie (IJM)

L’assurance d’indemnités journalières maladie n’est pas obligatoire, mais de nombreuses conventions collectives l’imposent. Elle couvre typiquement 80 pour cent du salaire pendant 720 jours et coûte au salarié de 0 à 1 pour cent selon le contrat. Sans IJM, seul s’applique le maintien légal du salaire de l’art. 324a CO, qui ne dure que de trois semaines à quelques mois selon l’ancienneté et l’échelle cantonale applicable. Dans le calculateur, le taux IJM se règle sous « Options avancées » ; il est à zéro par défaut.

Ce que votre employeur paie en plus

La fiche de salaire ne montre que votre moitié. L’employeur supporte les mêmes 5,3 pour cent d’AVS/AI/APG et 1,1 pour cent d’AC, l’intégralité de l’assurance-accidents professionnels (AAP), au moins la moitié des cotisations LPP, ainsi que la caisse d’allocations familiales (1 à 3 pour cent selon le canton) et les frais de gestion de la caisse de compensation. Au total, un poste coûte à l’employeur environ 15 à 20 pour cent de plus que le salaire brut. Ce chiffre est utile lors d’une négociation salariale et pour comparer avec un mandat en indépendant : qui facture en freelance doit couvrir lui-même ce supplément dans son tarif horaire.

Ce qui ne figure pas sur la fiche de salaire

La prime d’assurance-maladie n’est pas une retenue salariale en Suisse ; vous la payez vous-même (en 2026, environ 400 CHF par mois pour un adulte selon le canton et la franchise). Les impôts sur le revenu ne sont pas non plus retenus, sauf imposition à la source : ils sont taxés séparément. Pour un budget réaliste, retirez les deux du net. Notre calculateur donne le net après impôts pour chaque commune.

Questions fréquentes

À combien s’élèvent les cotisations sociales en Suisse ?

Pour un salarié, typiquement 12 à 16 % du brut : 5,3 % AVS/AI/APG, 1,1 % AC, 1 à 2 % AANP et, selon l’âge, 3,5 à 9 % LPP (sur le salaire coordonné). L’employeur paie au moins autant en plus.

Les cotisations AVS sont-elles plafonnées ?

Non, et cela distingue la Suisse de la plupart de ses voisins : l’AVS, l’AI et l’APG se prélèvent sur la totalité du salaire, sans aucun plafond. Qui gagne dix fois plus cotise dix fois plus, alors que la rente future, elle, est plafonnée. L’AC et l’AANP fonctionnent différemment : elles ne sont prélevées que jusqu’à 148’200 CHF de salaire annuel, au-delà la retenue disparaît.

À partir de quand cotise-t-on à la caisse de pension ?

L’affiliation se fait en deux temps. Dès le 1er janvier suivant le 17e anniversaire, vous êtes couvert pour les risques décès et invalidité. L’épargne vieillesse proprement dite ne démarre qu’au 1er janvier suivant le 24e anniversaire. Dans les deux cas, encore faut-il que le salaire annuel dépasse le seuil d’entrée de 22'680 CHF : en dessous, aucune assurance obligatoire n’existe.

Pourquoi la cotisation LPP augmente-t-elle avec l’âge ?

Parce que la loi échelonne les bonifications de vieillesse par tranche d’âge : 7 % de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44, 15 % de 45 à 54 et 18 % de 55 à 65. L’idée est que les assurés plus âgés doivent accumuler davantage de capital en moins de temps. L’employeur en supporte au moins la moitié, si bien que ses charges salariales augmentent elles aussi avec l’âge du personnel.

Calculateurs et guides associés

Sources

Mottalib Radif

Rédigé par Mottalib Radif

MBA INSEAD · Expert en finances personnelles et fiscalité

État 2026, mis à jour le 2026-09-16