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L’impôt à la source expliqué : codes tarifaires, permis et seuil de 120’000 CHF

Environ un million de personnes en Suisse paient leurs impôts directement sur le salaire. Le système est simple, jusqu’à ce qu’on en connaisse les détails.

Qui est imposé à la source ?

SituationImpôt à la source ?
Permis B, L, Ci, F, N – célibataire ou conjoint étrangerOui
Permis B, marié·e à un·e Suisse·sse ou titulaire du permis CNon – taxation ordinaire
Permis CNon
Frontaliers (permis G) de France, Allemagne, Italie, AutricheOui, avec règles propres à chaque accord
Résidents à la semaine domiciliés à l’étrangerOui
Administrateurs, artistes, sportifs domiciliés à l’étrangerOui, barèmes spéciaux

Les codes tarifaires

Le code se compose d’une lettre (situation familiale), d’un chiffre (nombre d’enfants donnant droit à déduction) et de Y/N (avec ou sans impôt ecclésiastique) :

CodeQuiRemarque
APersonnes seules (célibataires, divorcées, séparées, veuves) sans enfant dans le ménageBarème le plus fréquent
BCouples mariés/partenaires enregistrés, une seule personne activeBarème plus doux (barème pour couples)
CCouples mariés/partenaires enregistrés, les deux actifsLe revenu du conjoint est pris en compte forfaitairement
HFamilles monoparentales avec enfants dans le même ménageBarème parental comme B, pour personnes seules
GRevenus acquis en compensation (indemnités AC, AI, AA, IJM) versés par l’assureurTaux fixe
L / M / N / PFrontaliers allemands (règle des 4,5 %)Voir frontaliers
R / S / T / UFrontaliers italiens (accord 2023)TI, GR, VS seulement

L’employeur reprend le code à partir de vos indications ; tout changement (mariage, naissance, séparation, sortie d’Église) doit lui être annoncé immédiatement et vaut dès le mois suivant.

Modèle mensuel et modèle annuel

21 cantons appliquent le modèle mensuel : le brut de chaque mois fixe le taux. Un 13e salaire en décembre fait grimper le taux de décembre, sans compensation. Genève, Fribourg, le Tessin, Vaud et le Valais appliquent le modèle annuel : le taux découle du revenu annualisé, avec régularisation en fin d’année.

Le seuil de 120’000 CHF

Si le revenu brut dépasse 120'000 CHF par an (pour les couples : l’un des deux revenus), une taxation ordinaire ultérieure (TOU) est obligatoire : vous remplissez une déclaration comme les Suisses, l’impôt dépend de votre commune et l’impôt à la source est imputé. La TOU s’applique ensuite à toutes les années suivantes, même si le revenu redescend. Sous le seuil, vous pouvez la demander volontairement (délai : 31 mars de l’année suivante).

Conseil

Avant de demander, faites le calcul avec les deux outils : impôt à la source et impôt ordinaire dans votre commune. Si l’impôt ordinaire est plus bas, grâce au pilier 3a ou à un coefficient communal faible, la demande est rentable. Attention : elle est irrévocable pour les années suivantes.

Ce que le barème contient déjà

Les barèmes à la source incluent l’impôt fédéral, l’impôt cantonal et un impôt communal moyen, ainsi que des déductions forfaitaires pour frais professionnels, primes d’assurance, enfants et déductions sociales. Les déductions individuelles (pilier 3a, rachat, frais de déplacement au-delà du forfait, garde, pensions) n’y sont pas : elles ne s’obtiennent que par la TOU. Depuis 2021, il n’existe plus de « rectification de barème ».

Taxation ordinaire ultérieure : obligatoire ou sur demande

La taxation ordinaire ultérieure (TOU) remplace l’impôt à la source par une déclaration d’impôt ordinaire ; l’impôt déjà retenu est imputé. Elle se présente sous deux formes.

Elle est obligatoire lorsque le revenu brut de l’activité lucrative dépasse 120’000 CHF par an, lorsque vous disposez de fortune imposable ou de revenus non soumis à l’impôt à la source (titres, immeubles, pensions alimentaires, activité accessoire), ou lorsque vous êtes marié à une personne imposée de manière ordinaire – par exemple de nationalité suisse ou titulaire d’un permis d’établissement C. Une fois le seuil franchi, la TOU subsiste jusqu’à la fin de l’assujettissement à la source, même si le revenu redescend par la suite.

Elle est ouverte sur demande à toutes les autres personnes imposées à la source. Le délai est strict : 31 mars de l’année suivante, sans prolongation possible. Qui le manque perd définitivement son droit pour l’année en question. La demande est intéressante si vous avez des déductions individuelles absentes du barème, ou si votre commune de domicile applique un coefficient nettement inférieur à la moyenne cantonale sur laquelle le barème est construit. Elle peut au contraire vous désavantager si vous habitez une commune chère – et elle vous engage pour toutes les années suivantes.

Les erreurs fréquentes qui coûtent de l’argent

  • Code tarifaire non mis à jour après un changement. Mariage, naissance, séparation ou prise d’emploi du conjoint modifient le code. Signalez-le immédiatement à l’employeur : il recalcule dès le mois suivant, une correction rétroactive passant obligatoirement par le canton.
  • Barème C accepté sans vérification. Le barème double gain présuppose un second revenu forfaitaire. Si votre conjoint gagne sensiblement moins que cette hypothèse, vous payez trop – et ne le récupérez que par la TOU.
  • Impôt ecclésiastique alors que vous êtes sans confession. Plusieurs cantons publient des barèmes avec et sans impôt ecclésiastique. Sans annonce expresse, c’est parfois la variante avec impôt qui est appliquée.
  • Déménagement non annoncé. Le domicile déterminant est celui de la fin de la période fiscale ou de la fin de l’assujettissement ; un changement de canton modifie l’ensemble du barème.
  • Plusieurs employeurs. Chacun ne décompte que le salaire qu’il verse, de sorte que le taux global appliqué est trop bas. Le canton corrige ensuite – par un rappel d’impôt qui surprend quand rien n’a été mis de côté.

Notre calculateur d’impôt à la source vous permet de vérifier le décompte de votre employeur en une minute, et le calculateur de salaire net montre en parallèle ce que donnerait la taxation ordinaire dans votre commune.

Questions fréquentes

J’ai un permis B et je suis marié·e à une Suissesse : impôt à la source ?

Non. Qui vit en ménage commun non séparé avec une personne de nationalité suisse ou titulaire d’un permis d’établissement C est taxé de manière ordinaire, et non à la source — quel que soit le permis que vous détenez vous-même. Vous recevez donc une déclaration d’impôt comme tout le monde, et aucune retenue ne figure sur votre fiche de salaire. C’est l’état civil qui décide, pas le permis.

Quand la taxation ordinaire ultérieure volontaire est-elle intéressante ?

Quand vos déductions effectives (pilier 3a, rachat LPP, frais de déplacement, formation, pensions alimentaires, garde) dépassent les forfaits du barème, ou si vous vivez dans une commune à coefficient bas. La demande se fait jusqu’au 31 mars de l’année suivante, et elle vaut ensuite pour toutes les années suivantes, même si elle ne rapporte plus.

L’impôt à la source est-il imputé lors de la déclaration ?

Oui, intégralement — mais sans intérêts. Lors de la taxation ordinaire ultérieure, l’impôt à la source retenu au cours de l’année est imputé sur l’impôt définitif : s’il y a trop-perçu, il est remboursé ; s’il manque quelque chose, un complément est réclamé. Comme il s’écoule facilement un an et demi entre la retenue et le remboursement, l’absence d’intérêt représente un désavantage réel, rarement relevé.

Que se passe-t-il au passage au permis C ?

La retenue cesse dès le mois qui suit l’octroi du permis d’établissement, et non rétroactivement au 1er janvier. Pour l’année en cours, une déclaration d’impôt ordinaire est donc due, dans laquelle l’impôt à la source déjà payé est imputé. Annoncez le changement à votre employeur sans attendre, afin qu’il interrompe la retenue à temps et qu’aucune correction ne soit nécessaire ensuite.

Calculateurs et guides associés

Sources

Mottalib Radif

Rédigé par Mottalib Radif

MBA INSEAD · Expert en finances personnelles et fiscalité

État 2026, mis à jour le 2026-09-16